Shenten Dargye Ling
AnglaisAllemandEspagnol

Yungdrung Bon


Yungdrung Bön

Le Bön est la cinquième école spirituelle tibétaine; elle inclut le Bön ancien, le Yungdrung Bön et le nouveau Bön. Extrait d'une conférence donnée par Yongdzin Rinpoche en 2006 à Shenten Dargye Ling:

" Au Tibet, la première culture était appelée Bön. Le Bön est la base véritable de la culture tibétaine; on en trouve trois catégories:

  1. le Bön primitif: que l'on peut voir encore pratiqué dans les Himalayas.
  2. le Yungdrung Bön: une fois que le Yungdrung Bön arriva au Tibet, il a été pratiqué jusqu'au 8è siècle, il était devenu une sorte de religion nationale. Cela ne s'est pas passé directement car les gens n'étaient pas forcés de s'y convertir.
  3. le nouveau Bön: au 8è siècle, le bouddhisme arriva au Tibet. Certains pratiquants ont essayé d'intégrer le bouddhisme au Bön comme c'était obligé en ces temps-là parce qu'il était nécessaire de préserver quelque chose. Alors, ils ont intégré et c'était appelé le nouveau Bön qui existe encore de nos jours au Tibet oriental."

Les enseignements du Yungdrung Bön sont présentés soit en 5 Branches ou en 9 Voies. Le canon bönpo comporte 178 volumes et les Commentaires 300 volumes.

Les deux principaux monastères bönpos Menri (fondé en 1405) et Yungdrung Ling (fondé en 1834) ont été détruits au Tibet après 1959. Les réfugiés sont d'abord allés à Dolanji, en Inde puis aussi à Katmandou, au Népal à partir de 1986.

Sa Sainteté Lungtok Tenpai Nyima Rinpoche est le chef spirituel du monastère de Menri à Dolanji, et Yongdzin Tenzin Namdak Rinpoche est le fondateur du monastère de Triten Norbutse à Katmandou.

Lire la suite...

Histoire du Bön

 I: Le fondateur du Bön et ses enseignements

traduction du texte de John Myrdhin Reynolds

Tonpa Shenrab Miwoche

Tonpa Shenrab Miwoche

Les trois frères

L'on raconte que dans les temps anciens, il y avait trois frères: Dagpa (Dag-pa), Salba (gSal-ba) et Shepa (Shes-pa) qui ont étudié les doctrines du Bön dans les cieux appelés Sridpa Yesang (Srid-pa Ye-sangs) avec le sage bönpo Bumtri Logi Chechan ('Bum-khri glog-gi-lce-can).

Après avoir terminé leurs études, ils sont allés rendre visite au Dieu de la Compassion Shenlha Odkar (gShen-lha 'Od-dkar) et lui ont demandé comment ils pouvaient aider les êtres vivants submergés dans la misère et la souffrance. Shenlha Odkar leur conseilla de guider l'humanité dans les trois âges successifs du monde.

Pour suivre ce conseil, l'aîné Dagpa a terminé son travail dans l'ère passée du monde, alors que le deuxième frère Salba s'est appelé Shenrab et est devenu l'enseignant et le guide de l'ère présente du monde. Shepa, le plus jeune des trois sera celui qui enseignera dans l'ère du temps futur du monde.

Tonpa Shenrab Miwoche

Selon la religion Bön du Tibet, naquit il y a environ 18000 ans Seigneur Tonpa Shenrab Miwoche (sTon-pa gShen-rab Mi-bo-che: Enseignant et Grand Homme de la lignée Shen) au pays d'Olmo Lungring (Ol-mo lung-ring) qui représente une région d'un pays plus grand appelé Tazig (sTag-gzigs: Asie centrale). Ol est le symbole du non-né, et mo l'impérissable; Lung contient les mots prophétiques de Tonpa Shenrab, le fondateur du Bön, et ring, sa compassion éternelle. Olmo Lungring constitue un tiers du monde existant et est situé à l'ouest du Tibet. Il est décrit comme un lotus à huit pétales qui apparaît sous le ciel comme une roue à huit rayons. Au centre s'élève le mont Yungdrung Gutseg (gYung-drung dgu-brtsegs), la "Pyramide aux neuf Swastikas". Les neuf swastikas représentent les neuf Voies du Bön qui seront décrite ci-dessous. La swastika ou yundrung est un symbole de permanence et d'indestructibilité de la sagesse du Bön. À la base du mont Yungdrung Gutseg naissent quatre rivières, s'écoulant vers les quatre directions cardinales. La montagne est entourée de temples, villes et parcs. Au sud s'élève le palais Barpo Sogye (Bar-po so-brgyad) où Tonpa Shenrab est né. À l'ouest at au nord s'élèvent les palais où les femmes et enfants de Tonpa Shenrab ont vécu. À l'est s'élève le temple Shampo Lhatse (Sham-po lha-rtse). Ce complexe de palais, rivières et parcs incluant le mont Yungdrung Gutseg au centre constitue la région intérieure (Nang-gling) d'Olmo Lungring. La région intermédiaire (Bar-gling) inclut douze villes dont quatre d'entre elles sont situées aux directions cardinales. La troisième région inclut la contrée extérieure (mTha'-gling). Ces trois régions sont encerclées par un océan et une chaîne de montagne enneigées. Tonpa Shenrab naquit prince qui, lors de sa jeunesse, se maria et eut des enfants. À l'âge de 31 ans, il a renoncé au monde et a vécu dans l'austérité en enseignant la doctrine. Toute sa vie durant, ses efforts pour propager le Bön ont rencontré les obstacles du démon Khyabpa Lagring (Khyab-pa Lag-ring) qui s'évertuait à vouloir détruire ou bloquer le travail de Tonpa Shenrab jusqu'à ce qu'il se convertisse finalement et devienne un disciple de Shenrab.


Une fois, alors qu'il poursuivait le démon pour récupérer ses chevaux volés, Tonpa Shenrab arriva dans la région équivalente au Tibet occidental actuel. Ce fut son unique visite au Tibet. À cette occasion, il a transmis des instructions sur l'exécution des rituels, mais en général, il a trouvé que les gens n'étaient pas prêts de recevoir plus d'enseignements. Avant de quitter le Tibet, il prophétisa que tous ses enseignements s'épanouiraient au Tibet quand les temps seront mûrs. Tonpa Shenrab mourut à l'âge de 82 ans. Il existe trois biographies de Tonpa Shenrab. La plus ancienne et la plus courte est intitulée Dodu (mDo-'dus: Épitome des Aphorismes); la deuxième est en deux volumes et est appelée Zermig (gZer-mig: ŒIL Perçant). Ces deux compte-rendus ont été redécouverts en tant que termas (voir ci-dessous) aux 10è et 11è siècles respectivement. La troisième biographie est la plus longue en douze volumes, intitulée Zhiji (gZi-brjid: Le Glorieux). Elle appartient à la catégorie des écritures Nyan gyud (bsNyan-rgyud: transmission orale), et a été dictée à Londen Nyingpo (bLo-ldan snying-po) qui vivait au 14è siècle. La doctrine enseignée par Tonpa Shenrab et compilée dans ces trois ouvrages a été diffusée par ses disciples dans les pays adjacents au Shang Shoung, à l'Inde, au cachemire, à la Chine et ont atteint finalement le Tibet. Sa transmission a été assurée par des siddhas et des érudits qui ont traduit les textes à partir de la langue du Shang Shoung en tibétain. De tous les disciples de Tonpa Shenrab, le premier a été Mucho Demdrug (Mu-cho lDem-drug), qui a enseigné à son tour à plusieurs étudiants dont les "Six Grand Traducteurs": Mutsha Trahe (dMu-tsha Tra-he) du Tazig, Trithog Pasha (Khri-thog sPa-tsha) du Shang Shoung, Hulu Paleg (Hu-lu sPa-legs) de Sum-pa (à l'est du Shang Shoung), Lhadag Nagdro (Lha-bdags sNgags-grol) d' Inde, Legtang Mangpo (Legs-tang rMang-po) de Chine et Sertog Chejam (gSer-thog lCe-byams) de Phrom (Mongolie). Ils sont considérés particulièrement importants dans la diffusion du Bön parce qu'ils ont traduit dans leur propre langue avant de retourner dans leur pays respectif pour enseigner.

Tonpa Shenrab a enseigné ses doctrines en deux systèmes

  • La première classification est appelée Thegpa Rimgu'i Bön (Theg-pa rim-dgi'i bon), le "Bön des neuf étapes successives" ou, plus connue comme les neuf Voies du Bön: nous en avons trois versions:  le Loter (lho-gter) ou le trésor méridional, le Jangter (byang-gter) ou le trésor septentrional et l' Uter (dBu-gter) ou le trésor centralre.
  • La seconde classification est appelée Gozhi dzonga (sGo-bzhi mdzod-lnga), les Quatre Portails et le trésor, le Cinquième.

Selon le système du lho-gter (le Trésor Méridional)

 Les Neuf Voies sont:

1. Chashen thegpa (Phywa-gshen theg-pa), la Voie du Shen de Prédiction, elle décrit les quatre types de prédiction par divination (mo), astrologie (rtsis), rituel (gto) et l'examen des causes(dphyad).

2. Nangshen thegpa (sNang-gshen theg-pa), la Voie du Shen de la Manifestation Visible; elle expose l'origine et la nature des dieux et démons vivant dans ce monde et différentes méthodes d'exorcisme et de rançon.

3. Trulshen thegpa ('Phrul-gshen theg-pa), la Voie du Shen du Pouvoir magique, elle explique les rites permettant de se débarrasser des forces adverses.

4. Sishen thegpa (Srid-gshen theg-pa), la Voie du Shen de l'Existence, Voie qui traite de l'état intermédiaire(bar-do) avec des méthodes pour guider les êtres sensibles vers la libération ou au moins vers une meilleure renaissance.

5.Genyen thegpa (dGe-snyen theg-pa), la Voie des pratiquants laïques vertueux, Voie qui guide ceux qui s'appliquent aux dix vertus et aux dix perfections.

6. Drangsong thegpa (Drang-srong theg-pa), la Voie des Sages, Voie qui contient les règles de discipline monastique.

7. Akar thegpa (A-dkar theg-pa), la Voie du A Blanc qui explique les pratiques et les rituels des Tantras supérieurs.

8. Yeshen thegpa (Ye-gshen theg-pa), la Voie du Shen Primordial, elle se concentre sur le besoin de trouver un enseignant, un lieu et une occasion appropriés pour des pratiques tantriques, et elle explique le mandala en détail ainsi que des instructions pour la méditation avec une déité.

9. Lame thegpa (bLa-med theg-pa), la Voie Insurpassable, elle concerne la plus haute réalisation à travers le chemin de la Grande Perfection (i.e., rDzogs-chen).


La seconde classification est appelée Gozhi dzonga (sGo-bzhi mdzod-lnga), Les Quatre Portails et le Trésor, le Cinquième:

  1. Chab-kar (Chab-dkar),les Eaux Blanches qui contiennent les sorts et les pratiques tantriques ésotériques supérieures;
  2. Chab-nag (Chab-nag), les Eaux Noires qui contiennent des rituels variés (guérison, purification, magie, divination, prognostic, rituel funéraire, rançon).
  3. Phanyul ('Phan-yul), le pays de Phan qui explique les règles pour les moines, nonnes et laïques et expose les doctrines philosophiques également.
  4. Ponse (dPon-gsas), le Guide des Maîtres instruit des exercices psycho-spirituels et des pratiques de méditation de la grande Perfectiond (rDzogs-chen).
  5. Thothog (mTho-thog), le Trésor qui résume les aspects essentiels des quatre portails. 

Top




II: La propagation du Bön au Shang Shoung et au Tibet

Shang Shoung

Les premiers écrits Bön ont été traduits de la langue du Shang Shoung en tibétain. les ouvrages inclus dans le canon bönpo sont écrits en tibétain, comme nous les connaissons de nos jours mais un certain nombre d'eux surtout les plus anciens ont gardé les titres et des passages complets  à certaines périodes en langue du Shang Shoung.

Jusqu'au 8è siècle, le Shang Shoung existait comme un royaume séparé comprenant la contrée à l'ouest des provinces tibétaines centrales de Bu (dBus) et Tsang (gTsang) et généralement connue sous le nom du Tibet occidental, s'étendant sur un vaste territoire du Gilgit à l'ouest du lac de Namtsho (gNam-mtsho) ià l'est et à partrir du Khotan au nord du Mustang dans le sud. La capitale était Khyunglung Ngulkhar (Khyung-lung dngul-mkhar), le Palais d'Argent de la Vallée du Garuda, dont les ruines subsistent dans la vallée supérieure Sutlej au sud-ouest du mont Kailash. Ses habitants parlaient une langue classifiée parmi le groupe tibétain-birman des langues sino-tibétaines.

Le pays était gouverné par une dynastie de rois qui se termina au 9è siècle de notre ère quand le dernier roi Ligmincha (Lig-min-skya) fut assassiné sur ordre du roi du Tibet, et le Shang Shoung fut militairement annexé par le Tibet. Depuis ce temps-là, le Shang Shoung s'est graduellement tibétanisé et sa langue, sa culture et la plupart de ses croyances ont été intégrées au cadre général de la culture tibétaine. À cause de sa proximité géographique avec les grandes cultures d'Asie centrale telles que Gilgit et Khotan, plusieurs idées et concepts religieux sont passés par le Shang Shoung avant d'atteindre le Tibet.

Les persécutions

La religion Bön a subi deux persécutions au Tibet au cours de sa longue histoire .

La première se déroula sous le règne du roi Drigum Tsenpo (Gri-gum btsan-po') au 7è siècle. Tout sauf le "Bön de la Cause" (rgyu'i bon: les quatre premières Voies du Bön) a été aboli, et la plupart des pratiquants de ces voies-là bannis. Cependant, ils ont été capables de dissimuler plusieurs textes en tant que terma (gTer-ma, trésor) qui furent redécouverts plus tard par des tertons (gTer-ston, découvreurs de trésor).

Avec l'intérêt grandissant porté au boudhisme et son établissement comme religion d'état, et la fondation du monastère de Samye (bSam-yas) en 779 A.D., le Bön s'est généralement découragé et une autre tentative grave a été engrangée pour l'éradiquer. C'était la deuxième persécution du Bön par le roi Trisong Detsen (Khri-srong lde-btsan). Cependant, les Bönpos et parmi eux la noblesse et tout spécialement le peuple qui avait suivi les croyances bönpos depuis des générations, ont conservé leurs convictions religieuses, et le Bön a survécu. Même pendant cette période, plusieurs prêtres bönpos ont été bannis ou forcés à s'enfuir du Tibet central, après avoir pris soin de dissimuler les manuscrits par crainte de leur destruction et afin de les préserver pour les générations futures.

Drenpa Namkha (Dran-pa Nam-mkha')* a joué un rôle important pendant la deuxième persécution du Bön. Il a dirigé l'équipe bönpo lors d'un concours contre les Bouddhistes, concours organisé par le roi pour découvrir quelle équipe possédait le plus de pouvoirs miraculeux.

Les Bönpos ont perdu le concours et ont dû se disperser par crainte de perdre la vie ou d'être convertis au bouddhisme. En fait, Drenpa Namkha a bien ostensiblement embrassé la religion bouddhiste par peur d'être tué mais il l'a fait pour préserver, en secret, les enseignements bönpos ainsi pour sauver le Bön et empêcher sa complète élimination.

La résurgence du Bön

Du 8è au 11è siècle, la pratique Bön passa dans la clandestinité. L'année 1017 marqua la résurgence du Bön qui commença avec la découverte par Shenchen Luga (gShen-chen klu-dga', 996-1035) d'un nombre important de textes cachés. Avec cet événement, le Bön ré-émergea en tant que religion totalement systématisée. Shenchen Luga était né dans le clan Shen et descendait de Kontsha Wangden (Kong-tsha dbang-ldan), l'un des fils de Tonpa Shenrab. Les descendants de cette importante famille habitent encore au Tibet.

Shenchen Luga avait une suite étendue. À trois de ses disciples, il confia la tâche de continuer les trois traditions différentes.

Au premier, Druchen Namkha Yungdrung (Bru-chen nam-mkha' g.yung-drung) né dans le clan de Dru qui migra au Tibet à partir de Druzha ('Bru-zha, i.e., Gilgit), il confia les études de cosmologie et de métaphysique (mDzod-phug et Gab-pa). À cette fin, l'un de ses disciples et parents, Bru-rje g.Yung-drung bla-ma fonda le monastère de Yeru Wensakha (gYas-ru dben-sa-kha) dans la province du Tsang en 1072. Ce monastère demeura un grand centre d'étude jusqu'en 1386 quand il fut détruit par des inondations. Malgré le déclin de Yeru Wensakha, la famille Dru continua à soutenir la religion Bön mais cette famille s'éteigna au 19è siècle quand une réincarnation du Panchen Lama y fut trouvée pour la seconde fois.

Le deuxième disciple, Zhuye Legpo (Zhu-yas legs-po) avait pour mission de conserver les enseignements et les pratiques du Dzogchen. Il a fondé le monastère de Kyikhar Rizhing (sKyid-mkhar ri-zhing). Les descendants de la famille Zhu vivent maintenant en Inde.

Le troisième disciple, Paton Palchog (sPa-ston dpal-mchog) a pris la responsabilité de soutenir les enseignements tantriques. La famille Pa existe encore aussi.

Un autre maître important à cette époque était Meukhepa Palchen (rMe'u-mkhas-pa Tsul-khrims dpal-chen, né en 1052), du clan Meu qui a fondé le monastère de Zangri (sNye-mo bZang-ri), un centre d'études philosophiques. Ainsi, pendant cette période, les Bönpos ont fondé quatre monastères importants et centres d'étude tous dans la province du Tsang (Tibet central).

Le monastère du Menri 

En 1405, le grand enseignant bönpo Nyame Sherab Gyaltsen (mNyan-med shes-rab rgyal-mtshan, 1356-1415), a fondé le monastère du Menri (sMan-ri) au-dessus du site de l'ancien monastère de Yeru Wensakha qui avait été détruit par des inondations. Le monastère de Yungdrung Ling (gYung-drung gling) a été fondé en 1834  et  juste après, le monastère de Kharna (mKhar-sna) tous deux dans les environs de Menri.

Jusqu'à l'invasion chinoise du Tibet en 1959, c'était ce qui restait des monastères bönpos les plus importants. Suivant leur inspiration, plusieurs monastères ont été établis dans tout le Tibet, surtout au Khyungpo, dans le Kham, dans l'Amdo, le Gyarong et l'Hor. Au début du 20è siècle, il y avait 330 monastères bönpos au Tibet.

Nyame Sherab Gyaltsen était particulièrement vénéré pour ses grandes réalisations et réussites. Il était connu comme réformateur et avait revigoré la tradition monastique bönpo avec l'épanouissement de plusieurs monastères. Nyame Sherab Gyaltsen était aussi le premier maître à détenir toutes les transmissions de pouvoir des lignées du Bön. Et tous les abbés successifs de Menri ont continué à recevoir ces transmissions. Avec le temps, l'Abbé de Menri est considéré comme le chef de la tradition Bön qui a été officiellement reconnue par le gouvernement tibétain en exil en 1977.

Top



Yeshe-walmo

Yeshe Walmo


III: Le panthéon du Bön et l'implication religieuse

Le panthéon du Bön contient un grand nombre de déités. Chaque cycle tantrique de rituels du canon bönpo comporte son propre ensemble de divinités, ses propres méthodes de visualisation et de culte. Une classification divise les déités en trois groupes distincts: les Paisibles (zhi-ba), les Courroucées (khro-bo) et les Féroces (phur-pa). La cosmogonie bönpo décrit également des groupes de déités de Lumière et d'Obscurité. Les déités du plus haut rang sont Kuntu Zangpo (Kun-tu bzang-po), le Bonku (bon-sku), Shenlha Odkar (gShen-lha 'od- dkar), le Dzogku (rdzogs-sku: Sphère Parfaite), et Tonpa Shenrab, le Tulku (sprul-sku) qui est l'enseignant (sTon-pa) de l'ère présente. La déité féminine la plus importante est Jamma (Byams-ma), la "Mère Aimante", aussi appelée Satrig Ersang (Sa-trig er-sangs). Il y a des ensembles de 1000 Bouddhas et des Bouddhas des Trois Temps (passé, présent et futur). Parmi les déités gardiennes connues comme les protecteurs du Mot (bKa-skyong), les plus importantes sont Sidpa Gyalmo (Srid-pa'i Gyal-mo) Reine de l'Existence, la gardienne féminine des enseignements bönpos, Midu ou Midud Jampa Trago (Mi-bdud 'byams-pa khrag-mgo) le gardien masculin du monastère de Menri et Tsangod Hurpa (bTsan-rgod hur-pa). La division plus générale des déités est celle qui distingue les dieux supra-mondains des plus hautes sphères ('Jig-rten las' das-pa'i lha) des demi-dieux et déités mineures qui restent actives dans le monde ('Jig-rten pa'i lha). Toute une foule de dieux de la montagne appartient à ce dernier groupe, ainsi que les dieux locaux (Sa-bdag), les démons (gNyen), les démones (Ma-mo) et autres esprits tels que les 'Dre, Sri, kLu, etc.

L'implication religieuse

La vie religieuse chez les Bönpos peut prendre différentes formes  variées. ici, nous examinerons brièvement les traditions de vie monastique, les Nagpas, le Dzogchen et le Chod.

La vie monastique

La voie la plus noble pour pratiquer la religion est la prise de vœux; une personne laïque peut atteindre la perfection, mais c'est la vie monastique qui offre la meilleure opportunité d'atteindre les plus hauts niveaux. En fait, au fil des siècles, la vie monastique a formé une part essentielle de la religion religion.

Il y a quatre grades de vœux religieux, deux grades inférieurs appelés nyene (bsNyen-gnas) et genyen (dge-bsnyen) qui sont pris normalement par des laïques voulant pratiquer la religion d'une façon plus parfaite et deux grades supérieurs. Quand les vœux sont pris par des moines, ils sont considérés former une étape initiale de la vie religieuse. Ces vœux peuvent être pris pour une période temporelle. Les deux grades supérieurs sont appelés tsangsug (gtsang-gtsug) et s'appliquent en recevant l'initiation monastique (rab-byung): ils sont constitués de 25 vœux, et drangsong (drang-srong), qui s'appliquent lors de l'ordination complète; ils sont constitués de 250 vœux. Les nonnes prennent 360 vœux.

Les Nagpas

Les Bönpos sont aussi connus pour la tradition des Nagpas (sNgags Pa) reconnaissables à leur longue chevelure dénouée. Les Nagpas sont des pratiquants laïques qui ont pris les vœux genyen de refuge; les Nagpas genyen pratiquent principalement les tantras.

Il existe quatre lignées de Nagpas avec pour chacune la pratique d'un yidam particulier qui a été passée de génération en génération dans une famille. Or, n'importe quel homme peut choisir de devenir un Nagpa et prendre les vœux appropriés. Bien qu'un Nagpa puisse se marier, avoir des enfants et travailler, il doit s'organiser  pour faire des retraites et exécuter des rituels quand les villageois le lui demandent.

Alors que les Nagpas peuvent exécuter plusieurs types de rituels, ils sont surtout connus pour les rituels de naissance, de mariage les rituels funéraires aussi, les divinations, et les rituels de pacification des fantômes et esprits de la nature. Typiquement, les Nagpas vivent en famille dans les villages, mais plusieurs Nagpas se rassemblent aussi avec les Bönpos car ils sont l'équivalent d'un monastère.

Le Dzogchen

La pratique spéciale la plus estimée est celle des traditions du Dzogchen (rDzogs-chen, 'Grande Perfection').

Il en existe quatre méthodes ou courants, connus collectivement comme A-Dzog-Nyangyud, c'est-à-dire: l' Atri (A-khrid), l'enseignement sur le A fondé au 11è siècle par Dampa Meu Gongjad Ritro Chenpo (1038-1096); le Dzogchen, fondé en 1088 par terton Zhoton Nogrub Dragpa (gZhod-ston dNgos-grub Grags-pa); la transmission orale du Shang Shoung:  Zhang zhung sNyan-rgyud, et le Yeti tasel, une lignée dérivée de Tonpa Shenrab, qui a traversé l'Inde puis a été traduite d Sanskrit en ShangShoung-pa.

Le Zhang zhung sNyan-rgyud est la tradition Dzogchen la plus ancienne et la plus importante, ainsi que le sytème de méditation bönpo le plus ancien. Les trois autres méthodes sont basés sur des textes redécouverts (terma), la troisième est une tradition orale transmise par toute une lignée ininterrompue de maîtres.

Le cycle des enseignements du Zhang-zhung Nyangyud a été mis par écrit au 8è siècle par le maître Gyerphung Nangzher Lodpo, le premier disciple de Tapihritsa qui représente tous les maîtres de la lignée.

Le Chod

Un autre système de méditation est important, celui du Chod (gCod), "la coupe de l'ego" qui est autant exécuté par les pratiquants laïcs, les Nagpas que par les moines et nonnes. Les buts du Chod sont de générer la générosité, de dissiper la peur et de dépasser l'attachement.



NOTES

*Le gZer-mig et le gZi-brjid ont tous deux été publiés par Bonpo Foundation, Dolanji, en 1965 et en 1967-69, respectivement. Des extraits du gZi-brjid ont été choisis et traduits par D.L. Snellgrove, dans l'ouvrage intitulé The Nine Ways of Bon, London Oriental Series, vol. 18, London 1967. Les sept premiers chapitres du gZer-mig et une partie du huitième chapitre ont été traduits en anglais par A.H. Franke, A Book of the Tibetan Bonpos, Asia Major, Leipzig 1924, 1926, 1927, 1930; Asia Major (New Series) 1, London 1949. Un résumé des contenus du gZer-mig a été préparé par H. Hoffmann dans la publication The Religions of Tibet, London 1961, 85-96. Une autre classification, en 12 traditions ou sciences, est examinée minutieusement dans le livre Drung, Deu and Bon de Namkhai Norbu Rinpoche (Library of Tibetan Works and Archives, India 1995).

La classification dBu-gter qui suit est le Byang-gter, selon la tradition Zang-zang-ma: 

1.Tho-tho theg-pa, 2. sPyi-tho theg-pa, 3. Yang-tho theg-pa; 4. sNang-ldan theg-pa, 5. Rang--ldan theg-pa, 6. bZhed-ldan theg-pa; 7. lha-rtse theg-pa, 8. sNang-rtse theg-pa, 9. Yongs-rtse theg-pa.

*Dran-pa Nam-mkha est un maître réputé dans l'histoire bönpo. Sa biographie en 8 volumes a été récemment publiée par sPa-tshang Sonam Gyantsan, Delhi en 1983. Il aurait eu deux fils jumeaux: Tshe-dbang Rig-'dzin, un enseignant bönpo, et Pad-ma 'Byung-gnas, l'enseignant bouddhiste connu sous le nom de Padmsambhava (voir cf. Karmay, The Treasury of Good Sayings, Oxford University Press, London 1972: xxxii n.4, pour une discussion à ce sujet)

*Toutes les dates sauf celles du 20è siècle ou autrement citées proviennent du Sangs-rgyas-kyi btsan-rtsis ngo mtshar nor-bu'i phreng-ba zhes bya-ba-bzhugs-so, de Nyima Tenzin dans le dictionnaire: Tibetan-Zhang Zhung Dictionary, The Bonpo Foundation, Delhi 1965, 23-40. Il a été traduit en anglais par Per Kvaerne, Chronological table of the Bonpo, Acta Orientalia, xxxiii (Paris 1971): 33-48.

* Pour une vue d'ensemble de l'iconographie bönpo avec des reproductions en couleur d'excellente qualité des thankas et statues, voir l'ouvrage de Per Kvaerne: Bön Religion of Tibet, Serindia, London, 1995.



Lire la suite...

Panthéon

Tout d'abord, nous distinguons deux types d'êtres

  • A. les êtres éveillés qui sont au delà du samsara
  • B: les êtres naturels et les déités qui sont encore dans le cycle des existences, c'est le cas pour les lha (terme tibétain pour "dieux"), tsen, dre, lu (naga).

1. Concernant les déités bönpos

A. les déités paisibles
B. les déités courroucées

A. LES DÉITÉS PAISIBLES

KUNTUZANGPO

kutuzangpoKuntu Zangpo est mieux connu sous le nom de Bouddha primordial à partir duquel Seigneur Shenrab s'est émané et a pris une forme humaine pour le bien de tous les êtres sensibles. En sanscrit, on l'appelle "Samantabhadra." Kuntu Zangpo veut dire "ce qui est le plus excellent et présent en tous lieux." Ainsi, nos textes anciens se réfèrent à Kuntu Zangpo comme étant "l'auto-présence éveillée", "le soi véritable" et la "Source du soi".

Dans l'introduction à la traduction anglaise d'une sélection du livre bönpo des morts, John Myrdhin Reynolds dit, "L'hommage qui ouvre le texte, Kuntu bzang-po rang-rig gsal-bar ston la phyag 'tshal-lo, invoque le bouddha primordial Kuntu Zangpo (Skt. Samantabhadra) comme étant l'auto-présence éveillée (rang-rig) qui se révèle clairement à elle-même (gsal-ba 'iston) au cœur de chaque être sensible.

Cette auto-présence éveillée se révèle et se montre à elle-même dans la vie ordinaire quotidienne de l'individu. La présence éveillée en elle-même atteste de la présence de Kuntu Zangpo, le bouddha primordial. Pour cette raison, le nom même de Kuntu Zangpo confirme la signification: ce qui est le plus excellent (bzang-po) est présent partout (kuntu) en chaque être sensible.

Cette présence est ce qui rend un être sensible (sems-can) sensible. Cela indique que la présence éveillée intrinsèque (rig-pa) est en tout un chacun, c'est une présence qui est en elle-même au delà du temps et de l'espace mais qui s'engage dans les infinis du temps et de l'espace."

En référence au Dharmakaya, la même désignation de Kuntu Zangpo est employée pour le bouddha primordial dans les écrits des vieilles écoles, à la fois nyingmapas et bönpos. Bien que Kuntu Zangpo représente le bouddha primordial qui a été éveillé depuis le tout commencement (ye sangs-rgyas), néanmoins, il est présent dans le cœur de chaque être sensible en tant que Base (gzhi) ou l'état primordial de l'individu.

En tant que Dharmakaya, il est sans limite, sans définition, ni division comme le ciel infini lui-même. il inclut tout totalement et comprend tout (khyab bdal chen-po). Comme il est dépourvu de et n'est pas limité par les pensées discursives ou concepts quels qu'ils soient, il est représenté dans les iconographies nu sans ornements, assis dans la posture de méditation au centre de l'espace infini. il est montré en posture de méditation ou les mains en mudra de samadhi parce qu'il représente l'état de la contemplation pure qui est au delà des calculs de l'esprit et de ses limitations conceptuelles. Il est assis sur une fleur de lotus immaculé parce qu'il représente une pureté primordiale totale.

Kuntu Zangpo est l'essence d'éveil ou la Bodhichitta (byang-chub sems) qui est totalement présente depuis le tout commencement en tant que pureté et perfection, mais qui n'est pas reconnue par les êtres sensibles ordinaires illusionnés, encore piégés dans le Samsara, à cause de l'élévation des obscurcissements fortuits qui voilent la présence de l'éveil primordial qui est Kuntu Zanpgo."

LES QUATRE SUGATAS

Au sein de la tradition Bön résident quatre Sugatas principaux (les déités bouddhas) en référence aux quatre déités paisibles:

  1. Sangpo Bumtri, le créateur
  2. Sherab Chamma, la mère de tous les bouddhas ou Satrig Ersang, son nom en langue du Shang Shoung: elle représente la perfection de sagesse.
  3. Shenlha Okar, la déité de la Compassion, une émanation Sambhogakaya de l'amour de Sangpo Bumtri dans le monde œuvrant pour Seigneur Tonpa Shenrab.
  4. Shenrab Miwoche, (Seigneur Bouddha Tonpa), le Bouddha Nirmanakaya et Enseignant du monde

 

B. LES DÉITÉS COURROUCÉES

Leur tâche est de combattre l' ignorance et les ennemis de l'enseignement.

Cinq YIDAMS: déités tutélaires qui gouvernent les rituels tantriques des tantras Mère et des tantras Père:

  1. Welse Ngampa aux 9 têtes et 18 bras
  2. Lhagö Togpa
  3. Trowo Khaging
  4. Welchen Gekhö: Dieu du mont Tisé au Shang Shoung avec 9 têtes, Dieu du cycle annuel
  5. Phurba: Dieu de l'action résolue, Khyung avec le pouvoir du Phurba (dague)

Zhang Zhung Meri: sur la montagne de feu de Meri
Takla Mebar: Dieu Tigre enflammé

 

Sidpai Gyalmo, Apse

2. Les déités de protection

  1. Sidpai Gyalmo "Reine du monde" chevauchant une mule, une des manifestations de Yeshe Walmo, avec un  visage noir et portant une couronne aux 5 crânes ensanglantés
  2. Palden Lhamo, protecteur très ancien
  3. Nyipangse: protecteur de l'enseignement Dzogchen de la transmission orale du Shang Shoung, il aide Welchen Gekhö; son visage est paisible et il porte un turban blanc; sa partenaire s'appelle Menmo, déesse issue de la famille Men.
  4. Apse: un dieu Tsen chevauchant un cheval et portant une armure
  5. Midü: un ancien démon converti au Bön
  6. Zhambhala Gonpo, aussi appelé le Namsé bleu: dieu de la prospérité et de la chance
  7. Gyalpo Shelthrab
  8. Gyalchen Dragpa Sengge: Grand Roi

 

3.

tapihritsa-smTapiritsa

Il était un pratiquant Dzogchen qui a vécu au 8è siècle et a reçu les enseignements de la tradition orale du Shang Shoung avec le 24è maître Tsepung Dawa Gyaltsen; après neuf années de pratique solitaire, il a réalisé le corps d'arc-en-ciel. Dans le but de transmettre le Zhang Zhung nyen Gyud, il se manifesta en petit garçon et rencontra Nangzher Löpo qui est devenu son disciple. il a donné la permission de coucher par écrit le Zhang Zhung Nyen Gyud à Nangzher Löpo.

 

Drenpa-Namkha-smDrenpa Namkha

Il y a trois incarnations de Drenpa Namkha selon trois époques. La première est celle de Drenpa Namkha du Tazig, la deuxième celle de Drenpa Namkha du Shang Shoung et la troisième est Bökyi Drenpa Namkha, un maître tibétain. Ce dernier était un grand siddha qui vivait au 8è siècle et qui a étudié et maîtrisé plusieurs langues; il a aussi voyagé dans plusieurs sites sacrés au Shang Shoung, en Inde et dans le Drusha. Il est à la source des enseignements du Yetri Thasel (l'un des
quatre textes bonpos du Dzogchen) Il apparaît généralement de couleur bleue parce que le premier Drenpa Namkha s'était émané de Kuntu Zangpo sous la forme de la syllabe A de lumière. Il était également né miraculeusement dans un lotus bleu. Dans sa main droite, il tient un yungdrung qui représente l'état non né et impérissable de sa sagesse et de ses enseignements. Dans la main gauche, il tient un crâne rempli de nectar (amrita) qui représente les siddhis, les pouvoirs magiques.

 

Lishu TagringLishu Tagring

Il était un grand maître Dzogchen de la lignée Drakpa Korsum né en 1751. Il a composé un commentaire sur le Dzogchen Drakpa Korsum ainsi que le cycle d'enseignement complet dud Dzogchen Yongtse Longchen. Il a voyagé à Olmo Lung Ring et a rapporté plusieurs enseignements au Tibet. Il est connu aussi pour se spouvoirs magiques, il était notamment né fille et est devenu un garçon plus tard dans sa vie.

 

Joza Bonmo

Elle est née à  rTsang-po Dag-shod. Elle était la partenaire de Lishu Tagring et a réalisé le corps d'arc-en-ciel en étudiant le Dzogchen Yetri Thasel (le fait de débarrasser les extrêmes de l'esprit
primordial).

Nyame Sherab Gyaltsen
Nyame Sherab Gyaltsen

Il a vécu au 14è siècle dans le Tibet oriental. Pendant sa jeunesse, il a rencontré plusieurs maîtres réalisés et a visité le monastère de Yeru Wensakha près de Shigatse; il en est devenu le 19è abbé. Après la destruction de ce monastère par une inondation, lors de son absence, Nyame Sherab Gyaltsen l'a faire reconstruire plus en hauteur dans la montagne. Le site est maintenant connu sous le nom de Menri. Il a rétabli le système ancien de discipline monastique, d'éducation
et de pratique de Yeru Wensakha. Il est reconnu comme le Gyalwa Nyipa (le deuxième Bouddha), et son anniversaire est fêté le 5è jour du premier mois tibétain chaque année, après le Losar.

 

Mawai SenggeMawai Sengge

Il est la déité de sagesse du Yungdrung Bön. Sa lumière dissipe l'ignorance ce qui permet à la sagesse de s'accroître en chaque être; elle représente la plus haute manifestation de vérité et de justice. Il est invoqué par la communauté monastique pour la guider lors des débats, des joutes oratoires. Il porte une épée dans sa main droite, symbole du pouvoir obtenu grâce à la vérité et à la justice pour éliminer l'ignorance et l'attachement. Sa main gauche est en position de mudra de la déclaration de la vérité du Bön, et de son bras s'élève une fleur de lotus de pureté soutenant une lumière sainte. Il est assis sur un trône de dragon qui démontre de la qualité éveillée de sa Parole.

Lire la suite...

Le monastère de Triten Norbutse

Son histoire

Fondé au 14è siècle au Tibet central par Shen Nyima Gyaltsen issu de la lignée Shen du fondateur de la tradition Bön, Tönpa Shenrab.

Détruit lors de la révolution culturelle chinoise puis reconstruit partiellement, il fut recréé au Népal en 1987 par Yongdzin Tenzin Namdak Rinpoche face au grand stupa de Swayambhu.

triten

Ses étudiants et les formations proposées

On comptait 20 étudiants en 1994, ils sont aujourd'hui 165, Tibétains et Népalais.

Le monastère accueille aussi des étudiants, des pratiquants et des érudits étrangers qui suivent des programmes partiels selon leurs aspirations.

Les formations proposées sont:

  • Un programme académique de Geshe (équivalent à un doctorat européen) en 13 ans.
  • Un programme de méditation en 4 ans.
  • Une école traditionnelle de pharmacopée.

 Les réalisations

  • Une nouvelle bibliothèque permet d'avoir un accès libre et facile à l'intégralité des textes canoniques du Bön et à de nombreuses collections bouddhistes et intertraditionnelles en diverses langues
  • Dans le but de préserver les textes rares, ils sont numérisés.
  • Le monastère publie un magazine annuel qui diffuse des articles et essais.
  • Le monastère sert de centre de vie sociale de la communauté bönpo en étant un lieu de rassemblement lors des fêtes, d'aide et de conseil aux personnes laïques, de méditation, d'enseignements, de prières et de rituels pour le bien de tous les êtres et plus particulièrement pour la paix dans le monde et l'harmonie entre les peuples.

 


Les activités à venir

  • Maintenir et intensifier son activité de formation
  • Sauvegarder les textes et enseignements authentiques de la tradition
  • Mettre ce patrimoine à disposition d'un public élargi et averti
  • Programmer des retraites de longue durée sur des pratiques spécifiques
  • Créer un centre de médecine tibétaine himalayenne.

Photos: triten.org

Pour plus d'informations: www.triten.org

Lire la suite...

Menri Monastery

À propos du monastère de Menri 'Montagne de Médecine'

Actuellement, plus de 350 résidents y vivent et partagent les nouveaux temples, la bibliothèque, l'école de dialectique Bön, le centre médical et la nonnerie.

Sa Sainteté Lungtok Tenpai Nyima Rinpoche, 33è abbé de Menri a plus de 80 ans et remplit son rôle de chef spirituel des Bönpos et du centre monastique Yungdrung Bön.

De l'autre côté de la rivière, la nouvelle nonnerie Redna Menling (Contrée de la Précieuse Médicine) est aussi dirigée par Sa Sainteté; elle est la seule nonnerie bönpo en Inde où filles et femmes peuvent étudier depuis fin 2010 le programme sur 18 années pour devenir Geshema et enseigner par la suite le Dharma/Bön.

En outre, plus de 370 enfants venus du Népal et du Tibet arrivent à Menri pour y trouver un refuge de base et d'éducation; leur école est située plus bas dans la vallée. Elle est sous l'égide du gouvernement indien avec une emphase sur un programme éducatif bönpo.

Pour plus d'informations: www.bonfoundation.org/