Shenten Dargye Ling

Yungdrung Bön

Histoire du Bön

 I: Le fondateur du Bön et ses enseignements

traduction du texte de John Myrdhin Reynolds

Tonpa Shenrab Miwoche

Tonpa Shenrab Miwoche

Les trois frères

L'on raconte que dans les temps anciens, il y avait trois frères: Dagpa (Dag-pa), Salba (gSal-ba) et Shepa (Shes-pa) qui ont étudié les doctrines du Bön dans les cieux appelés Sridpa Yesang (Srid-pa Ye-sangs) avec le sage bönpo Bumtri Logi Chechan ('Bum-khri glog-gi-lce-can).

Après avoir terminé leurs études, ils sont allés rendre visite au Dieu de la Compassion Shenlha Odkar (gShen-lha 'Od-dkar) et lui ont demandé comment ils pouvaient aider les êtres vivants submergés dans la misère et la souffrance. Shenlha Odkar leur conseilla de guider l'humanité dans les trois âges successifs du monde.

Pour suivre ce conseil, l'aîné Dagpa a terminé son travail dans l'ère passée du monde, alors que le deuxième frère Salba s'est appelé Shenrab et est devenu l'enseignant et le guide de l'ère présente du monde. Shepa, le plus jeune des trois sera celui qui enseignera dans l'ère du temps futur du monde.

Tonpa Shenrab Miwoche

Selon la religion Bön du Tibet, naquit il y a environ 18000 ans Seigneur Tonpa Shenrab Miwoche (sTon-pa gShen-rab Mi-bo-che: Enseignant et Grand Homme de la lignée Shen) au pays d'Olmo Lungring (Ol-mo lung-ring) qui représente une région d'un pays plus grand appelé Tazig (sTag-gzigs: Asie centrale). Ol est le symbole du non-né, et mo l'impérissable; Lung contient les mots prophétiques de Tonpa Shenrab, le fondateur du Bön, et ring, sa compassion éternelle. Olmo Lungring constitue un tiers du monde existant et est situé à l'ouest du Tibet. Il est décrit comme un lotus à huit pétales qui apparaît sous le ciel comme une roue à huit rayons. Au centre s'élève le mont Yungdrung Gutseg (gYung-drung dgu-brtsegs), la "Pyramide aux neuf Swastikas". Les neuf swastikas représentent les neuf Voies du Bön qui seront décrite ci-dessous. La swastika ou yundrung est un symbole de permanence et d'indestructibilité de la sagesse du Bön. À la base du mont Yungdrung Gutseg naissent quatre rivières, s'écoulant vers les quatre directions cardinales. La montagne est entourée de temples, villes et parcs. Au sud s'élève le palais Barpo Sogye (Bar-po so-brgyad) où Tonpa Shenrab est né. À l'ouest at au nord s'élèvent les palais où les femmes et enfants de Tonpa Shenrab ont vécu. À l'est s'élève le temple Shampo Lhatse (Sham-po lha-rtse). Ce complexe de palais, rivières et parcs incluant le mont Yungdrung Gutseg au centre constitue la région intérieure (Nang-gling) d'Olmo Lungring. La région intermédiaire (Bar-gling) inclut douze villes dont quatre d'entre elles sont situées aux directions cardinales. La troisième région inclut la contrée extérieure (mTha'-gling). Ces trois régions sont encerclées par un océan et une chaîne de montagne enneigées. Tonpa Shenrab naquit prince qui, lors de sa jeunesse, se maria et eut des enfants. À l'âge de 31 ans, il a renoncé au monde et a vécu dans l'austérité en enseignant la doctrine. Toute sa vie durant, ses efforts pour propager le Bön ont rencontré les obstacles du démon Khyabpa Lagring (Khyab-pa Lag-ring) qui s'évertuait à vouloir détruire ou bloquer le travail de Tonpa Shenrab jusqu'à ce qu'il se convertisse finalement et devienne un disciple de Shenrab.


Une fois, alors qu'il poursuivait le démon pour récupérer ses chevaux volés, Tonpa Shenrab arriva dans la région équivalente au Tibet occidental actuel. Ce fut son unique visite au Tibet. À cette occasion, il a transmis des instructions sur l'exécution des rituels, mais en général, il a trouvé que les gens n'étaient pas prêts de recevoir plus d'enseignements. Avant de quitter le Tibet, il prophétisa que tous ses enseignements s'épanouiraient au Tibet quand les temps seront mûrs. Tonpa Shenrab mourut à l'âge de 82 ans. Il existe trois biographies de Tonpa Shenrab. La plus ancienne et la plus courte est intitulée Dodu (mDo-'dus: Épitome des Aphorismes); la deuxième est en deux volumes et est appelée Zermig (gZer-mig: ŒIL Perçant). Ces deux compte-rendus ont été redécouverts en tant que termas (voir ci-dessous) aux 10è et 11è siècles respectivement. La troisième biographie est la plus longue en douze volumes, intitulée Zhiji (gZi-brjid: Le Glorieux). Elle appartient à la catégorie des écritures Nyan gyud (bsNyan-rgyud: transmission orale), et a été dictée à Londen Nyingpo (bLo-ldan snying-po) qui vivait au 14è siècle. La doctrine enseignée par Tonpa Shenrab et compilée dans ces trois ouvrages a été diffusée par ses disciples dans les pays adjacents au Shang Shoung, à l'Inde, au cachemire, à la Chine et ont atteint finalement le Tibet. Sa transmission a été assurée par des siddhas et des érudits qui ont traduit les textes à partir de la langue du Shang Shoung en tibétain. De tous les disciples de Tonpa Shenrab, le premier a été Mucho Demdrug (Mu-cho lDem-drug), qui a enseigné à son tour à plusieurs étudiants dont les "Six Grand Traducteurs": Mutsha Trahe (dMu-tsha Tra-he) du Tazig, Trithog Pasha (Khri-thog sPa-tsha) du Shang Shoung, Hulu Paleg (Hu-lu sPa-legs) de Sum-pa (à l'est du Shang Shoung), Lhadag Nagdro (Lha-bdags sNgags-grol) d' Inde, Legtang Mangpo (Legs-tang rMang-po) de Chine et Sertog Chejam (gSer-thog lCe-byams) de Phrom (Mongolie). Ils sont considérés particulièrement importants dans la diffusion du Bön parce qu'ils ont traduit dans leur propre langue avant de retourner dans leur pays respectif pour enseigner.

Tonpa Shenrab a enseigné ses doctrines en deux systèmes

  • La première classification est appelée Thegpa Rimgu'i Bön (Theg-pa rim-dgi'i bon), le "Bön des neuf étapes successives" ou, plus connue comme les neuf Voies du Bön: nous en avons trois versions:  le Loter (lho-gter) ou le trésor méridional, le Jangter (byang-gter) ou le trésor septentrional et l' Uter (dBu-gter) ou le trésor centralre.
  • La seconde classification est appelée Gozhi dzonga (sGo-bzhi mdzod-lnga), les Quatre Portails et le trésor, le Cinquième.

Selon le système du lho-gter (le Trésor Méridional)

 Les Neuf Voies sont:

1. Chashen thegpa (Phywa-gshen theg-pa), la Voie du Shen de Prédiction, elle décrit les quatre types de prédiction par divination (mo), astrologie (rtsis), rituel (gto) et l'examen des causes(dphyad).

2. Nangshen thegpa (sNang-gshen theg-pa), la Voie du Shen de la Manifestation Visible; elle expose l'origine et la nature des dieux et démons vivant dans ce monde et différentes méthodes d'exorcisme et de rançon.

3. Trulshen thegpa ('Phrul-gshen theg-pa), la Voie du Shen du Pouvoir magique, elle explique les rites permettant de se débarrasser des forces adverses.

4. Sishen thegpa (Srid-gshen theg-pa), la Voie du Shen de l'Existence, Voie qui traite de l'état intermédiaire(bar-do) avec des méthodes pour guider les êtres sensibles vers la libération ou au moins vers une meilleure renaissance.

5.Genyen thegpa (dGe-snyen theg-pa), la Voie des pratiquants laïques vertueux, Voie qui guide ceux qui s'appliquent aux dix vertus et aux dix perfections.

6. Drangsong thegpa (Drang-srong theg-pa), la Voie des Sages, Voie qui contient les règles de discipline monastique.

7. Akar thegpa (A-dkar theg-pa), la Voie du A Blanc qui explique les pratiques et les rituels des Tantras supérieurs.

8. Yeshen thegpa (Ye-gshen theg-pa), la Voie du Shen Primordial, elle se concentre sur le besoin de trouver un enseignant, un lieu et une occasion appropriés pour des pratiques tantriques, et elle explique le mandala en détail ainsi que des instructions pour la méditation avec une déité.

9. Lame thegpa (bLa-med theg-pa), la Voie Insurpassable, elle concerne la plus haute réalisation à travers le chemin de la Grande Perfection (i.e., rDzogs-chen).


La seconde classification est appelée Gozhi dzonga (sGo-bzhi mdzod-lnga), Les Quatre Portails et le Trésor, le Cinquième:

  1. Chab-kar (Chab-dkar),les Eaux Blanches qui contiennent les sorts et les pratiques tantriques ésotériques supérieures;
  2. Chab-nag (Chab-nag), les Eaux Noires qui contiennent des rituels variés (guérison, purification, magie, divination, prognostic, rituel funéraire, rançon).
  3. Phanyul ('Phan-yul), le pays de Phan qui explique les règles pour les moines, nonnes et laïques et expose les doctrines philosophiques également.
  4. Ponse (dPon-gsas), le Guide des Maîtres instruit des exercices psycho-spirituels et des pratiques de méditation de la grande Perfectiond (rDzogs-chen).
  5. Thothog (mTho-thog), le Trésor qui résume les aspects essentiels des quatre portails. 

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II: La propagation du Bön au Shang Shoung et au Tibet

Shang Shoung

Les premiers écrits Bön ont été traduits de la langue du Shang Shoung en tibétain. les ouvrages inclus dans le canon bönpo sont écrits en tibétain, comme nous les connaissons de nos jours mais un certain nombre d'eux surtout les plus anciens ont gardé les titres et des passages complets  à certaines périodes en langue du Shang Shoung.

Jusqu'au 8è siècle, le Shang Shoung existait comme un royaume séparé comprenant la contrée à l'ouest des provinces tibétaines centrales de Bu (dBus) et Tsang (gTsang) et généralement connue sous le nom du Tibet occidental, s'étendant sur un vaste territoire du Gilgit à l'ouest du lac de Namtsho (gNam-mtsho) ià l'est et à partrir du Khotan au nord du Mustang dans le sud. La capitale était Khyunglung Ngulkhar (Khyung-lung dngul-mkhar), le Palais d'Argent de la Vallée du Garuda, dont les ruines subsistent dans la vallée supérieure Sutlej au sud-ouest du mont Kailash. Ses habitants parlaient une langue classifiée parmi le groupe tibétain-birman des langues sino-tibétaines.

Le pays était gouverné par une dynastie de rois qui se termina au 9è siècle de notre ère quand le dernier roi Ligmincha (Lig-min-skya) fut assassiné sur ordre du roi du Tibet, et le Shang Shoung fut militairement annexé par le Tibet. Depuis ce temps-là, le Shang Shoung s'est graduellement tibétanisé et sa langue, sa culture et la plupart de ses croyances ont été intégrées au cadre général de la culture tibétaine. À cause de sa proximité géographique avec les grandes cultures d'Asie centrale telles que Gilgit et Khotan, plusieurs idées et concepts religieux sont passés par le Shang Shoung avant d'atteindre le Tibet.

Les persécutions

La religion Bön a subi deux persécutions au Tibet au cours de sa longue histoire .

La première se déroula sous le règne du roi Drigum Tsenpo (Gri-gum btsan-po') au 7è siècle. Tout sauf le "Bön de la Cause" (rgyu'i bon: les quatre premières Voies du Bön) a été aboli, et la plupart des pratiquants de ces voies-là bannis. Cependant, ils ont été capables de dissimuler plusieurs textes en tant que terma (gTer-ma, trésor) qui furent redécouverts plus tard par des tertons (gTer-ston, découvreurs de trésor).

Avec l'intérêt grandissant porté au boudhisme et son établissement comme religion d'état, et la fondation du monastère de Samye (bSam-yas) en 779 A.D., le Bön s'est généralement découragé et une autre tentative grave a été engrangée pour l'éradiquer. C'était la deuxième persécution du Bön par le roi Trisong Detsen (Khri-srong lde-btsan). Cependant, les Bönpos et parmi eux la noblesse et tout spécialement le peuple qui avait suivi les croyances bönpos depuis des générations, ont conservé leurs convictions religieuses, et le Bön a survécu. Même pendant cette période, plusieurs prêtres bönpos ont été bannis ou forcés à s'enfuir du Tibet central, après avoir pris soin de dissimuler les manuscrits par crainte de leur destruction et afin de les préserver pour les générations futures.

Drenpa Namkha (Dran-pa Nam-mkha')* a joué un rôle important pendant la deuxième persécution du Bön. Il a dirigé l'équipe bönpo lors d'un concours contre les Bouddhistes, concours organisé par le roi pour découvrir quelle équipe possédait le plus de pouvoirs miraculeux.

Les Bönpos ont perdu le concours et ont dû se disperser par crainte de perdre la vie ou d'être convertis au bouddhisme. En fait, Drenpa Namkha a bien ostensiblement embrassé la religion bouddhiste par peur d'être tué mais il l'a fait pour préserver, en secret, les enseignements bönpos ainsi pour sauver le Bön et empêcher sa complète élimination.

La résurgence du Bön

Du 8è au 11è siècle, la pratique Bön passa dans la clandestinité. L'année 1017 marqua la résurgence du Bön qui commença avec la découverte par Shenchen Luga (gShen-chen klu-dga', 996-1035) d'un nombre important de textes cachés. Avec cet événement, le Bön ré-émergea en tant que religion totalement systématisée. Shenchen Luga était né dans le clan Shen et descendait de Kontsha Wangden (Kong-tsha dbang-ldan), l'un des fils de Tonpa Shenrab. Les descendants de cette importante famille habitent encore au Tibet.

Shenchen Luga avait une suite étendue. À trois de ses disciples, il confia la tâche de continuer les trois traditions différentes.

Au premier, Druchen Namkha Yungdrung (Bru-chen nam-mkha' g.yung-drung) né dans le clan de Dru qui migra au Tibet à partir de Druzha ('Bru-zha, i.e., Gilgit), il confia les études de cosmologie et de métaphysique (mDzod-phug et Gab-pa). À cette fin, l'un de ses disciples et parents, Bru-rje g.Yung-drung bla-ma fonda le monastère de Yeru Wensakha (gYas-ru dben-sa-kha) dans la province du Tsang en 1072. Ce monastère demeura un grand centre d'étude jusqu'en 1386 quand il fut détruit par des inondations. Malgré le déclin de Yeru Wensakha, la famille Dru continua à soutenir la religion Bön mais cette famille s'éteigna au 19è siècle quand une réincarnation du Panchen Lama y fut trouvée pour la seconde fois.

Le deuxième disciple, Zhuye Legpo (Zhu-yas legs-po) avait pour mission de conserver les enseignements et les pratiques du Dzogchen. Il a fondé le monastère de Kyikhar Rizhing (sKyid-mkhar ri-zhing). Les descendants de la famille Zhu vivent maintenant en Inde.

Le troisième disciple, Paton Palchog (sPa-ston dpal-mchog) a pris la responsabilité de soutenir les enseignements tantriques. La famille Pa existe encore aussi.

Un autre maître important à cette époque était Meukhepa Palchen (rMe'u-mkhas-pa Tsul-khrims dpal-chen, né en 1052), du clan Meu qui a fondé le monastère de Zangri (sNye-mo bZang-ri), un centre d'études philosophiques. Ainsi, pendant cette période, les Bönpos ont fondé quatre monastères importants et centres d'étude tous dans la province du Tsang (Tibet central).

Le monastère du Menri 

En 1405, le grand enseignant bönpo Nyame Sherab Gyaltsen (mNyan-med shes-rab rgyal-mtshan, 1356-1415), a fondé le monastère du Menri (sMan-ri) au-dessus du site de l'ancien monastère de Yeru Wensakha qui avait été détruit par des inondations. Le monastère de Yungdrung Ling (gYung-drung gling) a été fondé en 1834  et  juste après, le monastère de Kharna (mKhar-sna) tous deux dans les environs de Menri.

Jusqu'à l'invasion chinoise du Tibet en 1959, c'était ce qui restait des monastères bönpos les plus importants. Suivant leur inspiration, plusieurs monastères ont été établis dans tout le Tibet, surtout au Khyungpo, dans le Kham, dans l'Amdo, le Gyarong et l'Hor. Au début du 20è siècle, il y avait 330 monastères bönpos au Tibet.

Nyame Sherab Gyaltsen était particulièrement vénéré pour ses grandes réalisations et réussites. Il était connu comme réformateur et avait revigoré la tradition monastique bönpo avec l'épanouissement de plusieurs monastères. Nyame Sherab Gyaltsen était aussi le premier maître à détenir toutes les transmissions de pouvoir des lignées du Bön. Et tous les abbés successifs de Menri ont continué à recevoir ces transmissions. Avec le temps, l'Abbé de Menri est considéré comme le chef de la tradition Bön qui a été officiellement reconnue par le gouvernement tibétain en exil en 1977.

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Yeshe-walmo

Yeshe Walmo


III: Le panthéon du Bön et l'implication religieuse

Le panthéon du Bön contient un grand nombre de déités. Chaque cycle tantrique de rituels du canon bönpo comporte son propre ensemble de divinités, ses propres méthodes de visualisation et de culte. Une classification divise les déités en trois groupes distincts: les Paisibles (zhi-ba), les Courroucées (khro-bo) et les Féroces (phur-pa). La cosmogonie bönpo décrit également des groupes de déités de Lumière et d'Obscurité. Les déités du plus haut rang sont Kuntu Zangpo (Kun-tu bzang-po), le Bonku (bon-sku), Shenlha Odkar (gShen-lha 'od- dkar), le Dzogku (rdzogs-sku: Sphère Parfaite), et Tonpa Shenrab, le Tulku (sprul-sku) qui est l'enseignant (sTon-pa) de l'ère présente. La déité féminine la plus importante est Jamma (Byams-ma), la "Mère Aimante", aussi appelée Satrig Ersang (Sa-trig er-sangs). Il y a des ensembles de 1000 Bouddhas et des Bouddhas des Trois Temps (passé, présent et futur). Parmi les déités gardiennes connues comme les protecteurs du Mot (bKa-skyong), les plus importantes sont Sidpa Gyalmo (Srid-pa'i Gyal-mo) Reine de l'Existence, la gardienne féminine des enseignements bönpos, Midu ou Midud Jampa Trago (Mi-bdud 'byams-pa khrag-mgo) le gardien masculin du monastère de Menri et Tsangod Hurpa (bTsan-rgod hur-pa). La division plus générale des déités est celle qui distingue les dieux supra-mondains des plus hautes sphères ('Jig-rten las' das-pa'i lha) des demi-dieux et déités mineures qui restent actives dans le monde ('Jig-rten pa'i lha). Toute une foule de dieux de la montagne appartient à ce dernier groupe, ainsi que les dieux locaux (Sa-bdag), les démons (gNyen), les démones (Ma-mo) et autres esprits tels que les 'Dre, Sri, kLu, etc.

L'implication religieuse

La vie religieuse chez les Bönpos peut prendre différentes formes  variées. ici, nous examinerons brièvement les traditions de vie monastique, les Nagpas, le Dzogchen et le Chod.

La vie monastique

La voie la plus noble pour pratiquer la religion est la prise de vœux; une personne laïque peut atteindre la perfection, mais c'est la vie monastique qui offre la meilleure opportunité d'atteindre les plus hauts niveaux. En fait, au fil des siècles, la vie monastique a formé une part essentielle de la religion religion.

Il y a quatre grades de vœux religieux, deux grades inférieurs appelés nyene (bsNyen-gnas) et genyen (dge-bsnyen) qui sont pris normalement par des laïques voulant pratiquer la religion d'une façon plus parfaite et deux grades supérieurs. Quand les vœux sont pris par des moines, ils sont considérés former une étape initiale de la vie religieuse. Ces vœux peuvent être pris pour une période temporelle. Les deux grades supérieurs sont appelés tsangsug (gtsang-gtsug) et s'appliquent en recevant l'initiation monastique (rab-byung): ils sont constitués de 25 vœux, et drangsong (drang-srong), qui s'appliquent lors de l'ordination complète; ils sont constitués de 250 vœux. Les nonnes prennent 360 vœux.

Les Nagpas

Les Bönpos sont aussi connus pour la tradition des Nagpas (sNgags Pa) reconnaissables à leur longue chevelure dénouée. Les Nagpas sont des pratiquants laïques qui ont pris les vœux genyen de refuge; les Nagpas genyen pratiquent principalement les tantras.

Il existe quatre lignées de Nagpas avec pour chacune la pratique d'un yidam particulier qui a été passée de génération en génération dans une famille. Or, n'importe quel homme peut choisir de devenir un Nagpa et prendre les vœux appropriés. Bien qu'un Nagpa puisse se marier, avoir des enfants et travailler, il doit s'organiser  pour faire des retraites et exécuter des rituels quand les villageois le lui demandent.

Alors que les Nagpas peuvent exécuter plusieurs types de rituels, ils sont surtout connus pour les rituels de naissance, de mariage les rituels funéraires aussi, les divinations, et les rituels de pacification des fantômes et esprits de la nature. Typiquement, les Nagpas vivent en famille dans les villages, mais plusieurs Nagpas se rassemblent aussi avec les Bönpos car ils sont l'équivalent d'un monastère.

Le Dzogchen

La pratique spéciale la plus estimée est celle des traditions du Dzogchen (rDzogs-chen, 'Grande Perfection').

Il en existe quatre méthodes ou courants, connus collectivement comme A-Dzog-Nyangyud, c'est-à-dire: l' Atri (A-khrid), l'enseignement sur le A fondé au 11è siècle par Dampa Meu Gongjad Ritro Chenpo (1038-1096); le Dzogchen, fondé en 1088 par terton Zhoton Nogrub Dragpa (gZhod-ston dNgos-grub Grags-pa); la transmission orale du Shang Shoung:  Zhang zhung sNyan-rgyud, et le Yeti tasel, une lignée dérivée de Tonpa Shenrab, qui a traversé l'Inde puis a été traduite d Sanskrit en ShangShoung-pa.

Le Zhang zhung sNyan-rgyud est la tradition Dzogchen la plus ancienne et la plus importante, ainsi que le sytème de méditation bönpo le plus ancien. Les trois autres méthodes sont basés sur des textes redécouverts (terma), la troisième est une tradition orale transmise par toute une lignée ininterrompue de maîtres.

Le cycle des enseignements du Zhang-zhung Nyangyud a été mis par écrit au 8è siècle par le maître Gyerphung Nangzher Lodpo, le premier disciple de Tapihritsa qui représente tous les maîtres de la lignée.

Le Chod

Un autre système de méditation est important, celui du Chod (gCod), "la coupe de l'ego" qui est autant exécuté par les pratiquants laïcs, les Nagpas que par les moines et nonnes. Les buts du Chod sont de générer la générosité, de dissiper la peur et de dépasser l'attachement.



NOTES

*Le gZer-mig et le gZi-brjid ont tous deux été publiés par Bonpo Foundation, Dolanji, en 1965 et en 1967-69, respectivement. Des extraits du gZi-brjid ont été choisis et traduits par D.L. Snellgrove, dans l'ouvrage intitulé The Nine Ways of Bon, London Oriental Series, vol. 18, London 1967. Les sept premiers chapitres du gZer-mig et une partie du huitième chapitre ont été traduits en anglais par A.H. Franke, A Book of the Tibetan Bonpos, Asia Major, Leipzig 1924, 1926, 1927, 1930; Asia Major (New Series) 1, London 1949. Un résumé des contenus du gZer-mig a été préparé par H. Hoffmann dans la publication The Religions of Tibet, London 1961, 85-96. Une autre classification, en 12 traditions ou sciences, est examinée minutieusement dans le livre Drung, Deu and Bon de Namkhai Norbu Rinpoche (Library of Tibetan Works and Archives, India 1995).

La classification dBu-gter qui suit est le Byang-gter, selon la tradition Zang-zang-ma: 

1.Tho-tho theg-pa, 2. sPyi-tho theg-pa, 3. Yang-tho theg-pa; 4. sNang-ldan theg-pa, 5. Rang--ldan theg-pa, 6. bZhed-ldan theg-pa; 7. lha-rtse theg-pa, 8. sNang-rtse theg-pa, 9. Yongs-rtse theg-pa.

*Dran-pa Nam-mkha est un maître réputé dans l'histoire bönpo. Sa biographie en 8 volumes a été récemment publiée par sPa-tshang Sonam Gyantsan, Delhi en 1983. Il aurait eu deux fils jumeaux: Tshe-dbang Rig-'dzin, un enseignant bönpo, et Pad-ma 'Byung-gnas, l'enseignant bouddhiste connu sous le nom de Padmsambhava (voir cf. Karmay, The Treasury of Good Sayings, Oxford University Press, London 1972: xxxii n.4, pour une discussion à ce sujet)

*Toutes les dates sauf celles du 20è siècle ou autrement citées proviennent du Sangs-rgyas-kyi btsan-rtsis ngo mtshar nor-bu'i phreng-ba zhes bya-ba-bzhugs-so, de Nyima Tenzin dans le dictionnaire: Tibetan-Zhang Zhung Dictionary, The Bonpo Foundation, Delhi 1965, 23-40. Il a été traduit en anglais par Per Kvaerne, Chronological table of the Bonpo, Acta Orientalia, xxxiii (Paris 1971): 33-48.

* Pour une vue d'ensemble de l'iconographie bönpo avec des reproductions en couleur d'excellente qualité des thankas et statues, voir l'ouvrage de Per Kvaerne: Bön Religion of Tibet, Serindia, London, 1995.



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